
Seydou BENE couturier brodeur modéliste vit et travaille à BOBO-DIOULASSO, SARFALAO, BURKINA-FASO.

Je suis trés heureux dans mon atelier de Bobo-Sarfalao.
J'ai une clientèle trés diversifiée pour laquelle je couds dans la tradition des boubous, des ensembles et beaucoup d'autres choses.
Les jeunes gens aiment porter des vêtements européens commes les jeans, mais la plupart du temps ce vêtement s'accompagne d'une chemise ou d'un petit haut en wax ou en basin.

toire et la tradition, du savoir-faire et de l’expérience mais aussi du quotidien se fait depuis toujours et se perpétue oralement.
Mais la fonction la plus intéressante remplie par les motifs des pagnes est celle de transmettre un langage métaphorique. Il s’agit d’une part, de représentations clairement identifiées mais auxquelles sont liés de secrets desseins, ci-contre "l'oeil de ma rivale" une intention, une déclaration non exprimée verbalement mais clairement signifiée ; d’autre part de dessins, eux aussi bien évidents, qui se voient attribués des noms inappropriés en complet décalage avec l’objet représenté et parfois très différent selon le pays où l’étoffe est distribué.
A coté des dessins représentés avec réalisme, de nombreux motifs abstraits, plutôt géométriques et volontairement non identifiables forment un répertoire très apprécié des femmes africaines qui s’en emparent et l’utilisent comme un moyen de projeter les réalités de la vie courante et de souligner certains aspects sociaux.
Bien que les européens soient à l’origine de l’iconographie du wax et de sa diffusion dans les différents pays d’Afrique, il est intéressant de constater que c’est sa réappropriation en tant qu’élément africain qui explique la popularité de cette étoffe et sa vulgarisation.
Autour du pagne se développe donc toute une symbolique qu’on peut découvrir en répondant à quelques questions : Comment est-il porté ? Par qui ? A quelle occasion ? Qui l’offre ? A qui est-il offert ? Que veut-il suggérer ou signifier ?
Car en effet, les grossistes détectent sur les marchés les wax les plus appréciés et demandent leur imitation en fancy à l’usine de production locale qui réalise la commande dans des délais très courts. Fréquemment populaire dans plusieurs pays, un dessin peut se décliner dans des teintes différentes car la couleur fait aussi partie de l’expression de la diversité en Afrique.
Il est assez facile de distinguer un véritable wax de son imitation fancy, parce que ce dernier possède une face endroit différente de la face envers, puisqu’il n’est imprimé que sur une seule face. Les motifs de ce textile sont dirigés dans le sens de la chaîne pour paraître dans le sens de la hauteur quand le tissu-pagne est enroulé autour des hanches.
Ainsi un même motif imprimé sur des textiles de qualités différentes permettra à toutes les catégories sociales de l’arborer et d’exprimer son adhésion au message qu’il véhicule.
Si le fancy est le pagne des populations les moins aisées, il est malgré tout porté par des femmes élégantes qui aiment suivre la mode et arborer de nombreuses toilettes.Dans ce premier livre, voyez les leçons 3 et 4 pour tout savoir sur le pagne et le boubou. Les photos sont très belles et les textes amusants mais instructifs.
Ce second livre est une "encyclopédie du boubou", fabuleux !
A +
Ici une toute jeune fille, institutrice, est vêtue d'un ensemble, de très loin "inspiré" du boubou, puisque l'on retrouve bien les trois pièces d'une toilette complète. Il s'agit ici d'un ensemble en fancy qui se compose d'une jupe droite longue, un petit haut à bretelles et d'un foulard de couleur dépareillée. Les motifs du fancy font référence au 8 mars, journée de la femme.
Le pagne est une pièce d’étoffe d’environ 1,80 m de long, dont la largeur peut varier selon qu’il s’agisse d’un pagne tissé ou d’une cotonnade imprimée.
C’est l’élément de base du vestiaire féminin et se porte de différentes façons, il s’enroule autour de la taille ou s’attache au-dessus de la poitrine. Il est aussi un des trois éléments de la grande tenue traditionnelle : boubou court ou long, pagne, foulard. Dans la vie quotidienne il tient l’enfant au dos de sa mère.
Aujourd’hui encore le pagne, tissé ou non, occupe une place importante et significative. Ainsi, les cérémonies comme le mariage, sont prétextes à afficher sa parenté, son appartenance à un groupe. Un même tissu pagne est proposé à chacun des membres qui fera coudre le modèle de son choix chez son couturier.
Le pagne est également utilisé comme cadeau. Ainsi, recevoir de nombreux pagnes à l’occasion d’une naissance est gage de prospérité pour l’enfant ; il est impossible de laisser partir un mort sans le recouvrir de pagnes, certains tissés expressément pour les funérailles.
Le boubou est connu dans toute l’Afrique, c’est le nom donné à tout vêtement ou tunique qu’on enfile par la tête.
L’Islam a pénétré le Sahel imposant ce vêtement aux nomades nouvellement convertis.
Le boubou est un vêtement masculin, mais dans l’Afrique Occidentale, à l’exception du Nigeria, les femmes le portent aussi.
Pour les hommes un grand boubou complet se compose d’un pantalon, d’une chemise et du boubou proprement dit qui se porte par-dessus les autres vêtements. Il faudra pour confectionner l’ensemble entre 9 et 12 m de tissu - cotonnade, wax ou basin. 
autrefois à renforcer la solidité de l’étoffe dans ces parties soumises à l’usure.
Aujourd’hui l’importance et la profusion de broderies mettent en valeur celui qui porte le boubou et lui assurent protection au même titre qu’une amulette dont les motifs magiques sont souvent dessinés sur l’étoffe dans l’espoir superstitieux d’éloigner toutes influence néfastes.
Ainsi les motifs brodés sur les boubous ne sont pas, comme le pensent la plupart d’entre nous, qu’une suite de dessins géométriques esthétiquement arrangés, les spécialistes y reconnaissent un langage étroitement lié à l’Islam.
Pourtant nombreuses sont les personnes qui même en Afrique ignorent la signification des broderies, lesquelles sont d’ailleurs aujourd’hui plutôt influencées par la mode au même titre que la forme des encolures, l’ampleur des modèles.
La broderie est un travail exécuté par les hommes. Avant que la machine ne s’installe dans les années 1960, les hommes brodaient à la main. Ces brodeurs étaient souvent issus de familles plutôt aisées ; les techniques de broderies étaient enseignées à l’école coranique.
C’est un art fastidieux et difficile qui demande beaucoup d’attention et de dextérité. Le tissu à broder doit être maintenu bien tendu dans un cerceau pour éviter que le tissu ne fronce. Le brodeur dispose de fils de calibres et de qualités différentes, coton, synthétique, soie, et d’une large palette de couleurs. Le blanc et le beige sont les couleurs les plus demandées, le fil brillant est plus fréquemment utilisé pour les tissus des femmes.
Les cérémonies de la vie privée et les fêtes telles celles de Ramadan, Tabaski, Noël et de fin d’année sont autant d’occasions incontournables de se montrer dans de nouveaux et beaux habits.