J'ai créé ce blog pour entrer en contact avec tous ceux qui s'intéressent à l'artisanat textile africain, aux vêtements traditionnels, à la couture en général, à la mode contemporaine et universelle, au partage des cultures. Pour plus de renseignements, Vous pouvez me joindre dans : "Qui êtes-vous ? Affichez mon profil complet puis e-mail".

mardi 23 mars 2010

LE FANCY est une étoffe ....

.... destinée au marché africain, imprimée sur une de ses faces par sérigraphie à l’aide de rouleaux cylindriques. Son prix est très abordable. Au début, sa production se caractérisait par un style purement africain bien vite abandonné au profit d’imitations de wax européens, y compris ceux de l’ancienne production anglaise et hollandaise.
Car en effet, les grossistes détectent sur les marchés les wax les plus appréciés et demandent leur imitation en fancy à l’usine de production locale qui réalise la commande dans des délais très courts. Fréquemment populaire dans plusieurs pays, un dessin peut se décliner dans des teintes différentes car la couleur fait aussi partie de l’expression de la diversité en Afrique. Il est assez facile de distinguer un véritable wax de son imitation fancy, parce que ce dernier possède une face endroit différente de la face envers, puisqu’il n’est imprimé que sur une seule face. Les motifs de ce textile sont dirigés dans le sens de la chaîne pour paraître dans le sens de la hauteur quand le tissu-pagne est enroulé autour des hanches. Ainsi un même motif imprimé sur des textiles de qualités différentes permettra à toutes les catégories sociales de l’arborer et d’exprimer son adhésion au message qu’il véhicule. Si le fancy est le pagne des populations les moins aisées, il est malgré tout porté par des femmes élégantes qui aiment suivre la mode et arborer de nombreuses toilettes.

vendredi 5 mars 2010

Pour en savoir davantage sur le pagne et le boubou SBA vous propose deux livres

Dans un article précédent, j'avais promis de vous parler du fancy et du langage des pagnes mais je ne suis pas tout à fait prêt. En attendant, je vous propose deux livres que j'ai aimés et qui m'ont beaucoup appris.

Dans ce premier livre, voyez les leçons 3 et 4 pour tout savoir sur le pagne et le boubou. Les photos sont très belles et les textes amusants mais instructifs.

Ce second livre est une "encyclopédie du boubou", fabuleux !

A +

samedi 13 février 2010

LE BOUBOU FEMININ ...variations

en photos

Il est certes le vêtement traditionnel, mais il s'adapte de plus en plus à la mode. La femme aime y apporter sa touche trés personnelle dans la couleur, l'amplitude et l'emplacement des coutures de côté. Ci-dessus : - un boubou long en basin sous lequel la femme porte, le plus souvent, un pagne uni assorti à une des couleurs du boubou , le foulard de tête peu-être assorti soit au boubou, soit au pagne, et - une jeune femme portant un ensemble en wax, boubou court sur un pagne assorti au haut. C'est dans ce style de toilette, précisément sur le haut - encolure, manches, que le couturier peut exprimer tout l'élégance de sa cliente.

Ici une toute jeune fille, institutrice, est vêtue d'un ensemble, de très loin "inspiré" du boubou, puisque l'on retrouve bien les trois pièces d'une toilette complète. Il s'agit ici d'un ensemble en fancy qui se compose d'une jupe droite longue, un petit haut à bretelles et d'un foulard de couleur dépareillée. Les motifs du fancy font référence au 8 mars, journée de la femme.

Je vous ai déjà parlé du basin et du wax, prochainement je vous parlerai du fancy et du langage des pagnes. Bonne soirée ..... dans mon pays on dit ..... Aw ni wulà

jeudi 28 janvier 2010

Les tissus les plus fréquemment cousus par les couturiers africains sont le basin et le wax


Le mot basin vient de bombasin lui-même dérivé de l’italien bambagia (coton et bombyx). Avant qu’elle ne soit fabriquée en France et en Italie, les marchands italiens se sont procurés cette très belle soie damassée à Damas en Syrie. Les tisserands allemands et irlandais apprirent également la technique du damas et utilisèrent d’autres matières, le lin et le coton. En anglais damask, en allemand damast rappelle bien aussi l’origine d’Orient. En Afrique anglophone, le commerce du damas se dit African brocade qui rappelle le mot italien broccare qui signifie brocher : tisser en formant sur le fond un dessin en relief. Au tout début des années 1800, le français J.M. Jacquard inventa un métier à tisser qui à la différence de ceux jusque là utilisés - ne pouvaient déplacer les fils de chaîne qu’en groupe - permet de diriger la navette au moyen de cartes perforées contrôlant ainsi chaque fil de chaîne. Tombé dans l’oubli certainement à cause de son prix élevé, ce tissu appelé damas a été très utilisé comme linge de maison dans les familles bourgeoises européennes de la fin 19ème et début 20ème siècle. Le damas est tissé avec des fils fins obtenus à partir des meilleures qualités de coton non blanchi. Après avoir été blanchi dans un bain d’alcali, le tissu sera plongé dans un autre bain de soude caustique pour redonner aux fibres creuses du coton tout leur gonflant naturel. Il est ensuite lissé à haute pression et haute température par des cylindres et apprêté à la cire, ce qui lui donnera son éclat de soie et le craquant très apprécié des élégantes africaines. Le damas le plus demandé est le blanc, bien qu’il en existe des teints. Le tissage européen du damas au finissage compliqué est appelé basin riche ou bazin en Afrique francophone. Les meilleures qualités de ce tissu sont toujours fabriquées en Europe et très appréciées en Afrique Occidentale, où elles sont aujourd’hui fort utilisées dans la confection des vêtements. Dès 1980, le damas chinois de qualité inférieure est apparu sur les marchés d’Afrique Occidentale. Le "vrai" damas est devenu un produit de luxe alors que le damas chinois autorise le port du boubou en bazin à tous ceux qui ne pouvaient pas jusque là se l’offrir. 


Pour les occidentaux le wax est synonyme d’Afrique, les africains eux-mêmes le revendiquent. Inspiré du batik indonésien, le wax est fabriqué en Europe. Au début du 19ème siècle, l’Indonésie conquise par les Hollandais devient un centre d’échanges économiques important. Afin de satisfaire les goûts vestimentaires des populations locales, les Hollandais industrialisent la technique du batik à la cire de Java. Ces étoffes eurent beaucoup de succès auprès de la population indonésienne jusque vers la fin du 19ème siècle, période à laquelle les artisans locaux mécanisèrent leur fabrication de batiks. A la recherche de nouveaux marchés, les usines néerlandaises se tournèrent vers l’Afrique. Le succès de cette fabrication industrielle a incité d’autres pays à fabriquer des batiks imprimés. La Suisse et Italie n’ont pas persévéré, la France a produit dans la région de Mulhouse (groupe Schaeffer) jusque dans les années 1970. Des usines anglaises qui déjà utilisaient la teinte indigo dans la fabrication de leurs étoffes vont l’introduire comme une variante supplémentaire. Les productions des usines Vlisco et ABC ont su conquérir le marché africain en s’adaptant à ses exigences, comme par exemple les dimensions de l’étoffe (taille initiale 36 pouces : 91,5 cm ; taille actuelle standard 48 pouces : 122cm) qui est celle traditionnelle d’un pagne et commercialisation des longueurs 12 yards de long vendu en lot de 6 yards et même au détail 2 yards, et en créant des motifs spécialement destinés aux populations africaines, conformes à leur goût et à leur culture. Il existe une production africaine de wax faite dans des usines de textiles implantées par les grands groupes européens dans des pays de l’Afrique de l’Ouest. Depuis l’indépendance, quelques usines se développent et continuent à bien produire, beaucoup ont connu de graves difficultés et certaines ont même définitivement disparu. A l’heure de la mondialisation, l’Asie concurrence la production africaine de wax en proposant des étoffes de piètre qualité à des prix imbattables. On distingue ainsi plusieurs qualités de wax : super wax, wax block, wax print, uniwax, imiwax… Le wax n’est pas forcément choisi pour sa qualité, mais plutôt pour le motif représenté, ce qu’il suppose et aussi sa destination.
Bonne lecture et à une prochaine rencontre SBA

mardi 29 décembre 2009

2010 MEILLEURS VOEUX A TOUS

Figurine réalisée et photographiée par Félicité Akakpo. Pour mieux apprécier, affichez en plein écran.
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dimanche 20 décembre 2009

Les vêtements traditionnels ....

Le pagne est une pièce d’étoffe d’environ 1,80 m de long, dont la largeur peut varier selon qu’il s’agisse d’un pagne tissé ou d’une cotonnade imprimée. C’est l’élément de base du vestiaire féminin et se porte de différentes façons, il s’enroule autour de la taille ou s’attache au-dessus de la poitrine. Il est aussi un des trois éléments de la grande tenue traditionnelle : boubou court ou long, pagne, foulard. Dans la vie quotidienne il tient l’enfant au dos de sa mère. Aujourd’hui encore le pagne, tissé ou non, occupe une place importante et significative. Ainsi, les cérémonies comme le mariage, sont prétextes à afficher sa parenté, son appartenance à un groupe. Un même tissu pagne est proposé à chacun des membres qui fera coudre le modèle de son choix chez son couturier. Le pagne est également utilisé comme cadeau. Ainsi, recevoir de nombreux pagnes à l’occasion d’une naissance est gage de prospérité pour l’enfant ; il est impossible de laisser partir un mort sans le recouvrir de pagnes, certains tissés expressément pour les funérailles.
Le boubou est connu dans toute l’Afrique, c’est le nom donné à tout vêtement ou tunique qu’on enfile par la tête. L’Islam a pénétré le Sahel imposant ce vêtement aux nomades nouvellement convertis. Le boubou est un vêtement masculin, mais dans l’Afrique Occidentale, à l’exception du Nigeria, les femmes le portent aussi. Pour les hommes un grand boubou complet se compose d’un pantalon, d’une chemise et du boubou proprement dit qui se porte par-dessus les autres vêtements. Il faudra pour confectionner l’ensemble entre 9 et 12 m de tissu - cotonnade, wax ou basin.
Sous leur grand boubou les femmes portent un pagne, dont la teinte tranche le plus souvent avec celle du boubou, un foulard de tête et parfois un chemisier dans le même textile que le boubou. La réalisation du tout nécessite entre 6 et 9 m de basin ou bien 3 à 4 pagnes. Le boubou est habituellement cousu dans une étoffe de coton qui peut aller de la simple cotonnade industrielle unie ou imprimée à un très beau basin teinté artisanalement.
Cette tenue qui se caractérise autant par sa simplicité que par son élégance n’est pas un vêtement classique ni quotidien. Ce qui fait le boubou, c’est le tissu et la broderie. Selon ces deux critères, on parlera de boubou riche ou de simple boubou. La qualité de l’étoffe et le soin apporté à la réalisation, de la couture et aux broderies, sont essentiels.
Il en existe de très nombreux modèles qui seront bien différents quant à leurs dimensions, leur coupe, la forme de l’encolure et de la poche et notamment des motifs brodés. Ces détails peuvent afficher la position sociale et l’appartenance à la religion musulmane.
Les broderies réalisées autour de l’encolure et de la poche ont une tradition très ancienne. Elles servaient autrefois à renforcer la solidité de l’étoffe dans ces parties soumises à l’usure. Aujourd’hui l’importance et la profusion de broderies mettent en valeur celui qui porte le boubou et lui assurent protection au même titre qu’une amulette dont les motifs magiques sont souvent dessinés sur l’étoffe dans l’espoir superstitieux d’éloigner toutes influence néfastes. Ainsi les motifs brodés sur les boubous ne sont pas, comme le pensent la plupart d’entre nous, qu’une suite de dessins géométriques esthétiquement arrangés, les spécialistes y reconnaissent un langage étroitement lié à l’Islam. Pourtant nombreuses sont les personnes qui même en Afrique ignorent la signification des broderies, lesquelles sont d’ailleurs aujourd’hui plutôt influencées par la mode au même titre que la forme des encolures, l’ampleur des modèles. La broderie est un travail exécuté par les hommes. Avant que la machine ne s’installe dans les années 1960, les hommes brodaient à la main. Ces brodeurs étaient souvent issus de familles plutôt aisées ; les techniques de broderies étaient enseignées à l’école coranique. C’est un art fastidieux et difficile qui demande beaucoup d’attention et de dextérité. Le tissu à broder doit être maintenu bien tendu dans un cerceau pour éviter que le tissu ne fronce. Le brodeur dispose de fils de calibres et de qualités différentes, coton, synthétique, soie, et d’une large palette de couleurs. Le blanc et le beige sont les couleurs les plus demandées, le fil brillant est plus fréquemment utilisé pour les tissus des femmes. Les cérémonies de la vie privée et les fêtes telles celles de Ramadan, Tabaski, Noël et de fin d’année sont autant d’occasions incontournables de se montrer dans de nouveaux et beaux habits.
Alors vite et même si c'est dimanche je vais me remettre au travail !

lundi 16 novembre 2009

Bonjour et bienvenue à mes visiteurs


Ceci est mon premier message. Vous avez sans doute déjà pu voir dans "afficher mon profil complet" qui je suis et ce que je fais. Mais je voudrais vous en dire un tout petit peu plus. J'ai 32 ans, je suis né à Bobo-Dioulasso où je vis avec ma famille et où j'ai installé, ma première boutique de mode.
Mon père était taxi, âgé maintenant il est retourné dans son village. Ma mère s'occupait de sa nombreuse famille et vit toujours à Bobo.
Je suis le 3ème d'une fratrie de 9 enfants. Quand mes parents ont eu des difficultés parce que mon père devenait déficient visuel et ne pouvait plus conduire, j'ai été confié à des oncles. L'école était finie pour moi, je l'ai regretté et cela me manque encore aujourd'hui. J'ai été placé en apprentissage chez un couturier. Je n'ai pas choisi. En Afrique lorsque les parents ne peuvent pas assurer l'éducation des enfants, ces derniers sont mis en apprentissage chez une personne qui veut bien les prendre, au moins l'enfant est nourri à midi et ne vagabonde pas.
Déjà formé à mon métier, je suis rentré dans ma famille à Bobo et j'ai pu travailler dans un grand atelier de couture où j'ai appris encore plus, où j'ai trouvé de l'intérêt à mon travail et découvert que la clientèle m'appréciait.